L’histoire de la Guadeloupe

Palmiers Guadeloupe

La période de -700 avant JC à l’an 1000 voit le peuplement progressif de l’île par les premiers amérindiens venus en pirogues du Venezuela. Il s’agit des Ignéris ou Arawaks. De l’an 1000 à 1400, venus du continent comme leurs prédécesseurs, les Caraïbes sont beaucoup plus conquérants et agressifs. Ils exterminent les Arawaks (les mangent ?) et asservissent leurs femmes.

Le 4 novembre 1493, lors de son second voyage, Christophe Colomb aborde l’île et la baptise Santa Maria de Guadaloupe. Les Caraïbes luttent jusqu’au dernier contre l’invasion des français puis des Anglais qui se disputent l’île. S’ouvre alors une longue période de commerce triangulaire entre les Indes Occidentales, l’Afrique et l’Europe qui verra la déportation de millions d’esclaves noirs dans les plantations. Plus résistants que les européens aux conditions locales, ils permettent un développement rapide de l’économie des Antilles. L’édit de police 1685, plus connu sous le nom de code noir décrit l’ensemble des lois qui régissent l’exploitation des esclaves, alors considérés comme des meubles, et la condition des affranchis.

En 1635, la Compagnie des Iles de l’Amérique prend possession de la Guadeloupe, de la Martinique et de leurs dépendances. Après sa faillite, la Guadeloupe est rachetée par Houël, seigneur et propriétaire de l’île. Il faut attendre Louis XIV pour que la France rachète la Guadeloupe et la confie à la Compagnie des Indes. En 1674, la faillite de la cette dernière rattache la Guadeloupe au domaine royal. Nombre de blancs immigrent aussi aux Antilles dans l’espoir de faire fortune. Simple ouvriers ou artisans, jeunes gens de la petite bourgeoisie et cadet de familles, bien peu survivent aux fièvres, à la dureté du travail ou à l’inactivité noyée dans le tafia.
A l’issue de la guerre de sept ans, les anglais occupent les Antilles. Le traité de Paris restitue la Guadeloupe et la Martinique à la France en contrepartie du Canada. Les Antilles sont alors une source de revenu confortable par l’exportation et le commerce dans toute l’Europe de son sucre et de son café.

Après avoir chassé les anglais de la Guadeloupe en 1794, Victor Hughes abolit l’esclavage conformément à la loi voté par la Convention. En 1802, Bonaparte à rétablit l’esclavage et supprime les droits des gens de couleur, malgré la résistance et le sacrifice de Louis delgrès et des ses soldats noirs. Il faut attendre 1848 pour que, sous la houlette de Victor Schoelcher, l’esclavage soit définitivement abolit. Le refus des anciens esclaves de continuer à travailler dans les plantations contraint les propriétaires à recruter des travailleurs libres, pour la plupart des indiens tamouls. Mais dès lors, la charge supplémentaire de ces salaires et la concurence de la culture de la betterave sucrière en Europe fragilise la rentabilité des exploitations sucrières. Le rhum offre un débouché limité aux derniers agriculteurs de la canne.
Après la destruction de Pointe-à-Pitre dans un tremblement de terre en 1848, un monstrueux cyclone précédé d’un raz de marée viennent dévaster la Guadeloupe et faire de milliers de victimes.

En 1936, le guyanais Félix Eboué devient le premier gouverneur noir de la Guadeloupe. A la demande des populations des Antilles, la Guadeloupe et ses dépendances deviennent un département, marquant la fin de la décolonisation. L’économie de la Guadeloupe se réoriente autour de la culture de la banane et de la canne nécessaire à la production du rhum qui gagne en popularité en métropole. Néanmoins, l’île vit sous perfusion et la Guadeloupe connaît entre 1961 et 1975 quelques troubles.